Créations nomades MoonchAzar 2024/25

Cette lettre à une amie devient naturellement le contenu du nouvel article du blog MoonchAzar. J’écris mieux quand je suis en lien, que mon interlocuteur n’est pas une foule abstraite quelque part sur la toile. La relation épistolaire me semble aller plus en profondeur, et puis, les écrits restent…

Tendre Barbara,

Plusieurs mois déjà que la petite voix intuitive qui souhaite fort entretenir les liens d’amitié, me renvoie ton visage et l’indéfectible sourire de tes yeux. Nous avons fini par apprendre que tu t’es délestée de « what’s app » ce qui explique l’absence de réponses à nos messages. Sœurette chérie, donnes nous bientôt de tes nouvelles. Ici, comme partout, la vie chamboule et le monde continue de nous déchirer le cœur pour qu’y entre la lumière. Les grâces sublimes et fugitives alternent avec des peines immenses, toutes éclairées par la présence d’un Amour qui nous dépasse et s’emploie à forger l’acier bien trempé des proéminences de nos caractères.

Je glisserai ci dessous des images de quelques uns de nos ouvrages. Nous avons une chance inouïe de s’exercer à ces différents métiers que nous aimons autant les uns que les autres et qui finalement trouvent un lieu commun pour s’exprimer. Après tant d’année de recherche, tâtonnements et guérisons de profondes et ancestrales blessures, il me semble que nous arrivons à commencer à joindre les deux bouts.

Benoît et moi sommes rentrés depuis le 22 aout d’un formidable périple d’un an. Nous avions laissé la maison pour un an complet à une petite dame en galère et sa petiote. Au retour avons retrouvé nos pénates troglodytes toutes propres, telles que nous les avions laissées, alors qu’elles s’étaient converties en un dangereux capharnaüm durant notre absence. Une « troglob/alien copaine » de longue date s’est métamorphosée en Marie Poppins pour nous offrir un retour lumineux, studieux et heureux dans notre « Chabanne » sylvestre. (Merci Clairette)

En 2024 nous avons affronté deuils, invasion de fourmis, mérule goulue (champipi qui grougnave le bois des charpentes dite aussi  » lèpre des maisons). Le burn-out a bien asticoté Benoît qui s’était de surcroît brulé les genoux au 3eme degré dans la chaux vive. Pour ma part, le tsunami de groupes de travail what’s app justement, ne me laissait guère de répit non plus. J’animais des ateliers clown pour les enfants de l’association « Méni’Acteurs de la Ménitré », et des ateliers philo avec les petits et les ados, ce furent des défis de l’extrême qui ont encore augmenté l’admiration que j’ai pour les femmes et les hommes chargés de l’éducation des enfants. Mais tu as enseigné aussi, tu sais ce que c’est!

Dès que l’été a eu re-pointé son nez, nous avons fini de transbahuter tout ce dont nous avions besoin dans la Camouflette (Prénom sexy du Camping.Car!) et avons filé en Bretagne. Nous n’imaginions pas ce qui nous attendait: Les somptueux vieux gréements et Yann Tiersen à Brest, manger des fruits de mer avec Toto, des heures en vélo à découvrir criques sauvages, phares rythmiques, amis de longue date qui apparaissent au coin d’un petit marché de la côte sauvage.

UNE GRANDE GROSSE MERVEILLEUSE RESPIRATION

Puis se sont enchainés volontairement vitraux et concerts jusqu’à aujourd’hui… L’année 2025 elle, commença par 3 mois de résidence à https://www.lasourcegarouste.fr/ clairement mon asso préférée du monde entier! Elle accueille des artistes qui sont mis en lien avec des enfants issus d’environnement complexes et souvent perdus dans des déserts culturels. Benoît a fait de la mosaïque de verre et de la sculpture carton avec eux. Avec moi c’était ateliers respiration/clown de théâtre et rêves éveillés. Oui ces petiots ont tous infiniment besoin de réapprendre à se servir de leur créativité dans ce monde où tout est à moitié pré-mâché par les écrans, sans pour autant être bien digeste…

On a fabriqué une grande Mama en carton, ils ont chacun fait (entre autres) un œuf en mosaïque duquel, une fois rétro-projeté ils ont pu donner naissance à leur ravissant petit clown. J’ai eu le bonheur de composer une musique singulière pour chacun-e d’entre eux et ça donne ça :

Nous avions les enfants tous les mercredis, le reste du temps Benoît dans son grand atelier peignait, sculptait à foison. https://www.instagram.com/benoitazar/ et dans mon atelier où il me rejoignait, nous jouions:

La tendresse affichée et les câlins de ces enfants ainsi que l’entourage aussi bienveillant qu’efficace d’une équipe de travail absolument exceptionnelle, a merveilleusement nourrit notre besoin de contribuer au sein d’une mission totalement adaptée à nos compétences, Merci! gratitude aussi Mr et Mme Garouste, cette initiative ne vient pas en aide qu’aux enfants…

Début avril nous quittâmes la Source pour le Portugal. En échange de soleil et de zéphyr, d’amitié et de soutien mutuel, nous avons réalisé ces pèlerins de Compostelle pour Sabine et Voïtek. Ces hôtes, grands parents généreux, chaleureux, essuyaient alors une tragédie terrible. Quelques mois plus tôt, leur petite fille s’était donné la mort en se jetant sous un train. Nous avons transvasé nos souffrances et nos mémoires traumatiques. Sabine, comme de trop nombreuses femmes a elle aussi subit l’inceste. La mémoire nous viole encore quand on la réveille; le mal est bien habile pour nous le rappeler. Cela nous laisse exsangues et nauséeuses chaque fois que le sujet refait surface… Monstre des abysses… Mes sœurs de sang me fuient encor plus depuis qu’elles ont fracturé mon journal intime. Je les comprends, mais cela m’a quand même fait un gros pin dans le bide.

Octobre et début novembre ont étés dédiés à l’organisation de ce festival ci dessous où MoonchAzar à eu la joie de participer. Semaine de grande intensité, truffée d’art et d’amitiés.

Et puis, à suivre, des images en vrac et pas chronologiques, car l’interface WordPress et moi, c’est une longue amitié faite de nombreuses maladresses et d’incompréhensions de la part de mon ignorance technique en la matière! Lorsque nous étions en Asie (voir https://www.moonchazar.com/blog/ tout en bas des nombreuses pages), je m’étais démené pour fire des mises en page top moumoute. Sauf que! Ils ont changé la dite interface sans me prévenir et j’ai perdu des centaines de photos et textes calés les uns avec les autres avec soin. Très vexatoire!

Et puis ci dessous je vais glisser les photos en vrac, avec des légendes car ma lettre va s’arrêter la pour le moment. Si tu m’as lu jusque là, déjà, merci et puis mieux encore, tu peux m’écrire à manoo.chat@gmail.com. Je te répondrai.

Avec amour
Ombre portée du vitrail de bateau (voir lampe tempête ci dessous) sur écharpe étoilée
La Mélusine de Sylvie, femme merveilleuse et généreuse comme son art d’ailleurs
Récital chez Pat le vigneron génial et Maud qui danse avec Marie Vierge aux douze labeurs…

Les sulpteur-euses du symposium 2025

Zazou Benoît apprend aux enfants de la Source à sculpter (Aout 2025)

À bientôt tout bientôt j’espère. Écris nous: manoo.chat@gmail.com

2020 ou la bataille du « Coronaminus »

L’âme des clowns danse avec la menace du virus, le rire peut-être salvateur pour le système immunitaire.

L’amour attentif perce l’illusion de la peur, Le clown blanc Chamoon connait une recette mirifique et2 l’ Auguste Pioo son partenaire, utilise une savonnette magique…

Plusieurs écoles de notre localité ont eu la gentillesse et la confiance de nous accueillir pour palier à l’absence de fête de fin d’année. Merci à notre Maire adjoint André Guinut pour cette initiative et invitation en ces temps de culture en survie.

Seventeen into Seventies in Slava’s Yellow Mill

Oh my Beloved, may the blessings of your serendipity cover the neverending fears of our misunderstandings. By there, we shall overcome and keep on loving the truth of your mercy, now and ever, and for centuries and centuries.

Glass’s dreamcatcher as a mask for the lovers

Where shadows might become, evolution’s colors

7 ans de mariage et 17 de rencontre en ce jour béni du 15 juin 2020, Slava ce grand maître de l’humour poétique fêtait ses 70 ans et nous écouta chanter, pour lui, et pour vous. Nous inventâmes ces costumes de masques et crinolines pour respecter les incontournables contraintes de distanciation masquée et pouvoir jouer dans ce jardin extraordinaire.

Bois de la Terre (2019)

Nous avons tenté de déchaîner les arbres soumis aux forces des porte-feuilles avides.

Une petite semaine pour coudre et peindre un amour qui soit du solide.

Elle est venue des 4 coins du monde la relève d’un avenir où nos enfants respirent librement.

Elle reviendra encore tout embrasser, l’espoir et la confiance sont de fidèles amants.

Festival « Aux arbres déchainés » Troglobal Octobre 2019 (Spéciale dédicace à la géniale lutine Marino Paillot pour son sens de l’initiative, entre autres atouts du petit peuple des forêts)

Rainbow ox car ép.2 « Nostaljoie »

Nous sommes si blancs, si différents! L’œil du mental cherche les chemins du cœur dans de vieux villages plein de jeunes visages. Des yeux du ventre nous y dévorent comme du velours sur des cactus. La joie indicible du non jugement dans la rencontre…Qui suis-je dans le miroir de ton regard? Un autre toi? La facette dépolie d’un rêve de passage ou juste une étrangère? J’écoute ce même souffle qui nous respire.

Temple et lune sur le soleil

Enthousiasme: du grec « En-Theos » C’est la joie du plan sur la comète: je libère le rêve de sa prison cérébrale et le couche sur un papier glacé. J’ajoute un peu de couleur pour le réchauffer. Je laisse mijoter dans quelques larmes de ré-connaissance et la chaleur du levant pendant un certain temps puis l’arc en ciel éclôt.

India « Rainbow ox car » ép.1

Marmelade d’orange amère

J’ai 40 de fièvre dans un vieil hôtel marseillais qui ressemble à « l’auberge rouge ». Le patron est un avatar de Clavier-Balasko-Fernandel et l’ensemble hérisse les nerfs de Zaz. Il ne ferme pas l’œil de la nuit au cas où nous ressortirions du bouge maquillés en entrecôtes. Le thermomètre de la grippe retombe enfin le jour du décollage.

Douze heures plus tard il est minuit à New-Delhi . Emmènes ton sac à viande en soie car draps et serviettes sont si moites qu’on les croirait sortis du cul d’un troglodyte perdu. Rien ne ressemble à la photo de booking.com.
Mais passons sans plus de détails à notre destination :

Khajuraho, ville princesse des temples érotiques.

Notre première chambre est sombre et glacée comme un frigo sans ampoule. Elle est sans cesse traversée par les sons insistants de dizaines de tracteurs, motos, toucs toucs, klaxons, mariages électro et chiens errants.
Ça s’appelle une « Homestay ».

La population masculine de la notre semble être tous les jours à l’aube menacée de vomissements. Au début j’ai cru que je leur avait peut-être refilé ma grippe mais non en fait, ils se raclent simplement très profondément les narines en crachant dans le lavabo accolé à notre chambre. Je tousse donc tous mes doutes et chocs culturels dans l’obscurité bruyante. Toutefois au petit matin, le soleil frileux mais bien présent me met sur le chemin du studio où me rejoignent sept bébés clowns ultra motivés.
J’oublie la nuit et prend un bain de lumière créative.